CASSIO
Le chemin de Rome

Un mois après l’assassinat de Cassio par ses quatre tortionnaires, ces derniers se retrouvent à nouveau réunis. En effet, l’un d’eux, Livion, a reçu une missive des plus menaçante signée mystérieusement leur détracteur commun. S’agit-il d’un piège fomenté par quelque gredin souhaitant extorquer de leur argent ? En fait, il n’en est rien puisque c’est bien Cassio qui est revenu d’entre les morts et qui s’est juré de se venger. A commencer par Antinoë, la belle courtisane d’Alexandrie à laquelle il rend visite pour connaître enfin les raisons de sa traîtrise. N’aurait-elle pas un lien avec les fameuses poudres dérobées à Reptah dont le ressuscité fit usage en la cité éternelle de Rome et qui, quelque 2000 ans plus tard, suscite bien des convoitises autour la belle archéologue Ornella Grazzi et de l’énigmatique Tanhaüser.

 

Par phibes, le 15 avril 2012

Notre avis sur CASSIO #5 – Le chemin de Rome

Avec le précédent opus (Le dernier sang), l’identité du dernier des quatre assassins du fameux Cassio était enfin connue. Mais l’aventure n’était pas terminée pour autant car Stephen Desberg était loin d’avoir répondu à tous les mystères entourant le personnage principal et par ricochet, à toutes les péripéties vécues de nos jours par l’archéologue Ornella Grazzi. De fait, nous retrouvons avec grand plaisir les deux protagonistes, chacun à leur époque, pour la suite des évènements.

Ce cinquième opus garde la même trempe vengeresse que les volets précédents et vient, par là même, nous donner enfin les motivations de la belle Antinoë. Dans un alternat d’époques parfaitement entremêlées (avant et après l’assassinat de Cassio, 20 siècles plus tard), la cité antique de Rome est le théâtre d’évènements en lien avec la destinée sulfureuse du médecin/avocat. Résurrection mystérieuse avérée, traîtrise en tout genre, désillusion amoureuse, avidité, mais aussi menaces souterraines, meurtres, rixes et un brin de fantastique font pleinement partie du menu de ce tome qui se veut, une fois de plus, fortement cadencé et empli de bonnes surprises.

De plus, en cet ouvrage, plus que jamais, les poudres fantastiques dérobées au sinistre Reptah entretiennent le suspense, un suspense que l’on appréciera avantageusement sur les deux époques et qui devrait peser sur la personnalité ambiguë de l’agent secret Tanhaüser et l’intrigue en général qui gravit une nouvelle étape.

Henri Reculé, de son côté, reste cohérent dans son dessin que l’on prend plaisir à appréhender. Ses décors, passés et présents, sont du plus bel effet et prouve par là une rigueur représentative remarquable. Ses personnages sont d’une grande beauté, en particulier lorsqu’il est question de courtisanes. Le trait est adroit, bien proportionné, laissant transparaître un encrage assuré et une colorisation maîtrisée.

Un cinquième tome haletant, ouvrant les bans d’un deuxième cycle qui se terminera avec le prochain album intitulé L’appel de la souffrance. Tout un programme en perspective !

 

Par Phibes, le 15 avril 2012

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