Dom Juan ou le festin de pierre de Moliere

Dom Juan, un patronyme passé dans la langue courante pour désigner un séducteur volage, délaissant derrière lui les femmes bafouées qui ne l’ont intéressé que le temps de la séduction et du libertinage.
Molière écrivit cette pièce en 1665, mais sa modernité n’en fini pas d’inspirer les auteurs contemporains, en littérature, musique ou cinéma et maintenant en bande dessinée.

Par olivier, le 14 février 2010

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Notre avis sur Dom Juan ou le festin de pierre de Moliere

Après avoir épousé et abandonné Elvire pour partir en mer vers d’autres aventures avec son valet Sganarelle, Dom Juan est victime d’un naufrage. Sauvé de la noyade par un paysan, Pierrot, notre homme n’aura aussitôt de cesse, en remerciement, que de séduire Charlotte sa future épousée ainsi que son amie Mathurine.
Chassés par les paysans en colère, Dom Juan et Sganarelle repartent vers la ville. En chemin, Dom Juan sauve un jeune homme des voleurs qui l’assaillent et qui n’est autre que Dom Carlos, frère d’Elvire. Celui-ci le recherche pour venger l’offense faite à sa sœur. Cette fois c’est l’honneur qui sauvera le libertin, l’honneur de Dom Carlos qui redevable de sa vie choisira de différer sa vengeance.
Alors qu’ils approchent de la ville, Dom Juan se rend sur le tombeau du Commandeur qu’il a tué quelques mois auparavant et … l’invite à souper. Rentré chez lui, il ridiculise M. Dimanche, un de ses créanciers, ignore les remontrances de son père, mais, alors qu’il s’apprête à diner, son invité se présente chez lui, devant un Sganarelle terrifié et lui renvoie son invitation pour le lendemain.
L’hypocrisie de ses promesses de rédemption ne changera pas son destin, alors qu’il se rend, fanfaron à l’invitation du fantôme du Commandeur, celui-ci en expiation de ses multiples péchés l’entraine en enfer.
L’adaptation de Sylvain Ricard et de Myrto Reiss est plus que fidèle à la pièce de Molière puisqu’elle en reprend le texte intégral. Choix justifié par une volonté de ne pas dénaturer l’œuvre, avec un découpage dynamique qui n’a pu, malheureusement, éviter les longueurs des têtes à têtes inhérents au théatre et qui passent si bien lorsqu’ils sont dits.
Le dessin de Benjamin Bachelier, que nous avions remarqué dans Dimitri Bogrov, confère une fantaisie moderne au texte de Maître Poquelin et fait passer ces quelques longueurs, aidé par les couleurs d’Hubert qui insuffle par ses ambiances une vie et une émotion réelle au texte.
Les choix graphiques de personnages collent parfaitement à leurs caractères, un Dom Juan scélérat aux traits machiavéliques, un Sganarelle blond, au visage rond de franchise, voix de la sagesse et de la société ordonnée que refuse d’entendre Dom Juan.
Une adaptation à ranger à coté de celles déjà nombreuses de la collection Ex-libris, au moins aura t’elle le mérite d’avoir dépoussiéré cette pièce de Molière qui ne se prêtait pas forcément à ce type d’écriture et de lecture.

Par Olivier, le 14 février 2010

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