JULIA VON KLEIST
Allemagne 1932

Trois familles, trois destins, dans une Allemagne en crise. Des destins croisés que la vie, l’amour et surtout l’Histoire vont mêler. Une vision de l’Allemagne à l’aube des heures les plus noires de son histoire, où l’ambition des uns, l’aveuglement des autres, amènera Adolph Hitler au pouvoir.

Par olivier, le 14 octobre 2009

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Notre avis sur JULIA VON KLEIST #1 – Allemagne 1932

Le récit débute en 1920, la famille Von Kleist vit confortablement, le père, Ulrich Von Kleist, aristocrate, as de la Luftwaffe lors de la première guerre mondiale, a épousé la fille d’un riche industriel de Hambourg spécialisé dans la fabrique de moteurs d’avion. Il fut un des compagnons de Hermann Goring qui, en ces années vingt, s’est reconverti en pilote de ligne et qui va lui aussi épouser une comtesse. Le frère de cette dernière est membre de l’organisation Thulé qui prône la supériorité de la race aryenne, il l’introduira un an plus tard auprès de Hitler, qui n’est encore que chef d’un parti minoritaire en Allemagne.
Quelques années plus tard, une autre famille va faire son apparition dans le scénario, celle de Gustav Foerster, ouvrier à l’usine de Von Kleist et amant de Julia Von Kleist.
Trois destins, trois visions de la montée du nazisme, car cette série est avant tout destinée à retracer ces années et ces hommes qui ont fait Hitler.
La très riche bourgeoisie industrielle qui pense l’utiliser pour battre les communistes avant de s’en débarrasser facilement pense t-elle. Les politiques, ici essentiellement Hermann Goring, subjugué par Hitler qui profitera de ses contacts personnels avec les chefs d’industrie pour collecter des fonds afin de subventionner le Parti nazi. Les ouvriers enfin, exploités, menacés par le chômage, à la fois acteurs et témoins de cette crise qui s’appuie déjà sur la peur et le mensonge.
L’Histoire est ici privilégiée au profit de l’histoire.
Le scénariste, Jean Blaise Djian, auteur de Les Quatre de Baker street et du Grand Mort change de registre avec ce premier opus d’une série qui devrait se développer sur trois albums. Précis, documenté, le scénario a une vocation éducative, historique et sociale. Ce choix a pour effet pervers de nous livrer un récit un peu froid, dépourvu de ces sentiments, de ces émotions qui nous entrainent et nous attachent aux personnages. Seule Julia, peu impliquée pour l’instant dans l’Histoire, sort du lot avec son fils Baldur. Deux personnages sensibles et attachants qui représentent peut-être le vrai visage de l’humanité, simple et qui résiste à l’embrigadement moral et social de ce régime de terreur en gestation.
Le dessin réaliste de Bruno Marivain, classique, clair et précis, est en parfaite adéquation avec le récit.
Accompagné à la fin de l’album d’un dossier historique réalisé par Isabelle Bournier, directrice des affaires culturelles au mémorial de Caen, ce premier opus s’inscrit dans une démarche pédagogique, espérons toutefois que les prochains tomes laissent filtrer un peu plus d’émotions.

Par Olivier, le 14 octobre 2009

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