NECROMANCY
Livre 1

Durant la prohibition, Gordon Devries règne en maître absolu à la Nouvelle Orléans. Toutefois, en ce 8 avril 1928, un de ses convois transportant une cargaison d’alcool de contrebande est détruit par le gang de Viper Temple. Mais ce fameux transport cache, en plus du trafic de caisses de bourbon, un autre trafic plus morbide, celui de cadavres. Il ne fait aucun doute pour le mafieux que quelqu’un de son entourage organise dans son dos un commerce peu ragoûtant. Mais qui ? Ne serait-ce pas son propre fils, Jeff, qui s’intéresse de près à la nécromancie et qui semble animer de mauvaises intentions… à réveiller un mort.

Par phibes, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur NECROMANCY #1 – Livre 1

Alors que le deuxième épisode de "Le maître de Benson Gate", dont il est l’un des concepteurs, vient de paraître dans les bacs, Fabien Nury lance, dans son hyperactivité scénaristique, une nouvelle série se déclinant en un diptyque aux ambiances oppressantes de polar et de fantastique et en s’associant avec le père artistique d’"Estelle" et de "La loi du Kanun".

L’époque américaine de la prohibition semble les inspirer grandement puisqu’ils nous plongent dans un récit, au regard de l’intitulé, qui va se référer à la pratique d’un rite qui est en relation avec les morts. De fait, la noirceur est de mise et se révèle, dès les premières planches, dans la profanation de tombes du cimetière de New Ibéria. Par ailleurs, elle se poursuit lorsque le trafic de cadavres est découvert et prend toute son ampleur dans les différentes tueries que comporte l’ouvrage et lors de l’apparition de Lindsay en mort-vivant.

Dès le départ, Fabien Nury saucissonne son intrigue en jouant habilement sur plusieurs tableaux pour, au fil des péripéties, en découvrir progressivement les liens et leurs substances. C’est ainsi que l’on fait connaissance avec les personnages clés tels Gordon Devries et son fils, Jeff. Leurs rôles et leurs rapports avec le culte des morts s’affichent petit à petit en même temps que leur histoire intime dans laquelle règne une violence extrême. Par ailleurs, afin de maintenir la pression sur le lecteur, le scénariste conserve certains secrets dont un de taille qui sera dévoilé dans le prochain épisode et qui concerne le but que poursuivent les trois profanateurs et leurs accointances avec "celui des ténèbres".

Il est on ne peut plus agréable de retrouver le travail de Jack Manini qui, en cet album, fait étalage de tout son potentiel artistique. La couleur directe est, à mon goût, sa force et appuie copieusement ses dessins d’une authenticité qui fait mouche (rien à voir avec les cadavres ;-). Les planches sur fonds noir sont de toute beauté et mettent bien en évidence les décors pastel somptueux.

Certains vivants de la Nouvelle-Orléans ont bien du souci à se faire puisque la mort rôde près de chez eux surtout quand celle-ci a été invoquée à des fins bien ténébreuses. "Nécromancy" se révèle une série bien intrigante que je conseillerais et dont le premier tome constitue une bonne mise en bière, euh… en bouche.

Par Phibes, le 16 septembre 2008

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